Prédation

Introduction

Le mode de prédation influence directement la survie ou l’extinction des espèces et c’est donc à chacune de s’adapter. Des études sur Trimeresurus albolabris ont révélé que l’âge, et par conséquent la taille et le poids n’avait aucune influence sur la vitesse et la distance de frappe entre le stade juvénile et adulte. Ceci dit, le dimorphisme sexuel influence la vitesse de frappe. En effet, bien que plus lourde, les femelles frappent plus rapidement que les mâles. Bien que des études doivent  être approfondies, cette variation peut s’expliquer par le fait qu’en période de reproduction, les femelles arboricoles du complexes changent de moeurs, devenant terrestres. Ce changement implique une adaptation du type de proie (Herrel, A., Huyghe, K., Oković, P., Lisičić, D., & Tadić, Z. (2011)).

Proies

Leurs sources principales de nourritures sont ectothermiques au stade juvénile, mais un changement ontogénique des proies s’effectue en grandissant, respectant un ratio masse-prédateurs. Par ailleurs, la taille et la morphologie de la tête influence directement le type de proie. Ainsi, les femelles, généralement plus grosses que les mâles ont une prédisposition à un tel changement. Ce changement n’est pas dénué de sens mais est très bien contrôlé par l’animal qui doit s’adapter: l’énergie dépensée pour chasser, manger et digérer ses proies doit toujours être le plus faible possible. En mangeant plus gros, les femelles pourront chasser moins souvent que si elles ne changeaient pas de type de proie. (Strine, C., Silva, I., Nadolski, B., Crane, M., Barnes, C., Artchawakom, T., … & Suwanwaree, P. (2015)). En mangeant trop gros, outre l’énergie perdue dans la digestion, limiterait les mouvements et les vitesses, entre autre en situation négative telle que la présence de prédateurs.

Une différence du type de proie a également été observée, notamment chez Trimeresurus gracilis, par rapport au sexe, les femelles préférant des rongeurs, tandis que l’étude estomacal des mâles révélait des musaraignes. (Lin, C. F., & Tu, M. C. (2008)). Cette étude différentielle n’a pas été observée chez d’autres espèces du complexe, telles que Viridovipera stejnegeri (Creer, S., Chou, W. H., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2002)).

Les localités des serpents présentent également une évolution adaptative des proies et la vitesse de digestion et d’évacuation des selles semble potentiellement dû au mode de vie principalement arboricole du complexe (Creer, S., Chou, W. H., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2002)). Plus loins encore, des études sur Viridovipera stejnegeri ont démontrées que les populations insulaires mangeaient moins d’amphibiens (y compris dans les têtards qui font également partie du régime alimentaire) que sur les îles vertes (Creer, S., Chou, W. H., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2002)).

Outre le passage des moeurs terrestre à (semi-)arbo,Craspedocephalus malabaricus vit un changement ontogénique de coloration lors du passage du stade juvénile au stade adulte (Sagar, U. (2016)).

Viridovipera stejnegeri, Popeia phuketensis et Trimeresurus gracilis démontrent que le type de proie est large, plaçant le complexe dans la catégorie des euryphages comme le prouve, grâce à de multiples études, le tableau ci-dessous. Malgré ce dernier, Duttaphrynus melanostictus, qui est une espèce amphibienne commune n’est pas une proie dû à sa peau toxique.

Règne Espèce
Mammifère Apodemus semotus
Mammifère Eothenomys melanogaster
Mammifère Volemys kikuchii
Insectivore Soriculus fumidus
Reptile Eumeces elegans
Reptile Sphenomorphus florensis
Reptile Sphenomorphus taiwanensis
Reptile Takydormus hsuehshanesis
Amphibien Hynobius arisanensis
Amphibien Fejervarya limnocharis
Amphibien Ingerana tasanae
Amphibien Limnonectes hascheanus
Amphibien Occidozyga martensii
Amphibien Polypedates leucomystax
Reptile Hemidactylus frenatus
Reptile Hemidactylus platyurus
Reptile Calotis sp
Amphibien Rana swinhoana
Amphibien Rana sauteri
Amphibien Rhacophorus malabaricus
Amphibien Rhacophorus moltrechti
Amphibien Polypedates megacephalus
Amphibien Buergeria robusta
Reptile Japalura sp.
Reptile Gekko chinensis
Reptile Hemidactylus bowringii
Amphibien Polypedates megacephalus
Amphibien Rhacophorid sp
Amphibien Microhylid
Mammifère Soricids
Amphibien Hylarana nigrivittia
Amphibien Meristogenys kinabaluensis
Amphibien Calotes Versicolor

Il a pu être démontré que les sites d’embuscades sélectionnés par Trimeresurus macrops ne sont pas aléatoires, sans pour autant définir exactement la raison de ce choix. Les hypothèses se portent actuellement sur l’abondance de proie (Strine, C. (2014)). Leurs choix semblent en effet se porter sur des zones plus boisés, plus profondes, des branches plus grandes et un plus large choix d’abris.

Prédateurs

Bien que l’être humain, de part son industrialisation, les délocalisations, et ses captures, souvent en vue de vendre les individus représente pour le complexe un réel problème de survie, Trimeresurus ssp a également quelques prédateurs du règne animal tel que le présente le tableau ci-dessous:

Règne Espèce
Mammifère Herpestes javanicus
Reptile Ophiophagus hannah
Anguillidae Anguillia marmorata
Reptile Dinodon rufozonatum walli
reptile Dinodon semicarinatum
Reptile Ovophis okinavensis
Reptile Trimereresurus flavoviridis
Mammifère Felis iriomotensis
Mammifère sus scrofa riukiuanus
Oiseau Butastur indicus
Oiseau Circus spilonotus spilonotus
Oiseau Spilornis cheela perplexus
Mammifère Arctonyx collaris

Sources:

Herrel, A., Huyghe, K., Oković, P., Lisičić, D., & Tadić, Z. (2011). Fast and furious: effects of body size on strike performance in an arboreal viper Trimeresurus (Cryptelytrops) albolabris. Journal of Experimental Zoology Part A: Ecological Genetics and Physiology, 315(1), 22-29.

Lin, C. F., & Tu, M. C. (2008). Food habits of the Taiwanese mountain pitviper, Trimeresurus gracilis. Zoological Studies, 47(6), 697-703.

Creer, S., Chou, W. H., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2002). Offshore insular variation in the diet of the Taiwanese bamboo viper Trimeresurus stejnegeri (Schmidt). Zoological science, 19(8), 907-913.

Sumontha, M., Kunya, K., Pauwels, O. S., Nitikul, A., & Punnadee, S. (2011). Trimeresurus (Popeia) phuketensis, a new pitviper (Squamata: Viperidae) from Phuket island, southwestern Thailand. Russian Journal of Herpetology, 18(3), 185-194.

Strine, C., Silva, I., Nadolski, B., Crane, M., Barnes, C., Artchawakom, T., … & Suwanwaree, P. (2015). Sexual dimorphism of tropical green pit viper Trimeresurus (Cryptelytrops) macropsin Northeast Thailand. Amphibia-Reptilia, 36(4), 327-338.

Hays, W. S., & Conant, S. (2007). Biology and impacts of Pacific Island invasive species. 1. A worldwide review of effects of the small Indian mongoose, Herpestes javanicus (Carnivora: Herpestidae). Pacific Science, 61(1), 3-16.

Tanaka, K., & Mori, A. (2000). Literature survey on predators of snakes in Japan. Current herpetology, 19(2), 97-111.

Devan-Song, E. A. (2014). Ecology and conservation of the bamboo pit viper: Natural history, demography and effects of translocation.

Sagar, U. (2016). Some observations on the Malabar Pit Viper Trimeresurus malabaricus in central Western Ghats, India. Newsletter of the South Asian Reptile Network, 18, 36.

Hiren Khatri (2017), communication personnelle

Strine, C. (2014). The ecological study of green pit vipers in Sakaerat environment research station, Nakhon Ratchasima.

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