Reproduction

Introduction

Tout comme l’adaptation à l’environnement et la prédation, la reproduction fait partie intégrante de la pérennité de survie des espèces.

Définitions

Le vitellus constitue les réserves énergétiques utilisées par les embryons durant le développement embryonnaire. Il est produit par l’organisme maternel et s’accumule dans l’ovocyte au cours de l’ovogenèse (Wikipédia). Elle a généralement lieu durant la période active du serpent.

La spermatogenèse est le processus de production des spermatozoïdes, qui a lieu dans les tubes séminifères des testicules. Elle englobe les phénomènes qui, des spermatogonies, cellules souches diploïdes (2n chromosomes), aboutissent aux spermatozoïdes, gamètes mâles haploïdes (n chromosomes). (Wikipédia)

Influences environnementales

Les conditions météorologiques et la présence de proies potentielles sont des facteurs cruciaux et influencent directement les périodes de reproduction et donc les temps de gestation ou d’incubation.

Les régions tempérées fraîches

L’été est la période d’activité principale des serpents, mais celle-ci est trop courte pour terminer un cycle de reproduction. La vitellogenèse a donc lieu au printemps.

Les régions tempérées chaudes

Bien que les hivers sont doux, l’été est plus long et de ce fait, le cycle de reproduction peut se dérouler sans interruption.

Les régions tropicales

La saison sèche d’hiver et de printemps sont peu favorables à la naissance. Il n’y aura alors dans cette période que la spermatogenèse et parfois la vitellogenèse.

Les régions équatoriales

Il n’y a généralement pas de périodes distinctes au cours de l’année pour la reproduction, mais la hausse des températures au printemps fait généralement office d’indicateur chronologique.

Période nuptiales

Juste avant la reproduction, les mâles T. albolabris observent la femelle à environ 7-10 cm de distance (Observation personelle, 2016-2017, Devan-Song, E. A. (2014)).

Il a été observé, notamment chez les espèces vertes du complexe, qu’elles étaient capables de se reconnaître permettant ainsi éviter de s’hybrider grâce à des différences comportementales (Sanders, K. L., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2006)).

Reproduction

Hormis les espèces ovipares présentées dans le tableau ci-dessous, tout les Trimeresurus sont vivipares (Das, I. (2015)).

Espèces ovipares
Parias hageni
Peltopelor macrolepis
Parias malcomi
Parias schultzei
Craspedocephalus wiroti
Parias flavomaculatus
Parias mcgregori
Parias sumatranus

La période de reproduction est dépendante du biotope dans lequel vit le couple reproducteur. Pour pouvoir se reproduire, il faut que le mâle et la femelle aient atteint une maturité sexuelle. Cette dernière ne s’exprime plus en âge, comme il fût le cas à une période, mais en taille. Pour être sexuellement mature, il faut que l’individu ait obtenu une certaine SVL (snout-venth length en anglais; la longueur entre le museau et le cloaque).  Chez Trimeresurus (Trimeresurus) albolabris, la SVL des mâles est en moyenne 350mm avec une variation entre 330 et 365 mm. Les femelles quant à elles ont une SVL moyenne de 470mm avec une variation entre 446 et  492 mm. Leurs maturité sexuelle respective, exprimée en SVL est de 410mm pour les mâles et 460mm pour les femelles. Ces dernières ne se reproduiront cependant probablement pas avant d’avoir atteint les 520mm. En comparaison, T. stejngeri a une maturité sexuelle aux environs de 370 mm SVL (Devan-Song, E. A. (2014),Devan-Song, A., Martelli, P., & Karraker, N. E. (2017)).

À Hong Kong, en Chine, les individus de T. albolabris mâles atteignent leur maturité sexuelle à 410mm tandis que les femelles qui semblent se reproduire qu’à 520mm l’atteigne autour des 460mm. L’accouplement a lieu entre août et octobre, ce qui coïncide avec la spermatogenèse. Le stockage du sperme se fait pendant l’hiver, la gestation durant l’été et la mise bas (parturition) entre fins juillet et début août (Devan-Song, A., Martelli, P., & Karraker, N. E. (2017)).

La reproduction se produit 1x par année pour les femelles, parfois moins souvent, mais les plus larges sont capables de se reproduire 2x dans la même année (Devan-Song, E. A. (2014), Devan-Song, A., Martelli, P., & Karraker, N. E. (2017)).

Pour les espèces qui vivent en milieu nécessitant une hivernation, il n’est pas rare de voir plusieurs individus sur le même site (Devan-Song, E. A. (2014)).

Plusieurs études sur Viridovipera stejnegeri et Trimeresurus albolabris ont démontré que les femelles étaient capables de stocker le sperme pendant 1 année (Tsai, T. S., & Tu, M. C. (2001), Devan-Song, E. A. (2014)).

Lors de naissances recensées, aucune étude n’a pu démontrer un ratio différentiel significatif entre les mâles et les femelles pouvant informés d’une production d’énergie plus importante pour l’un ou l’autre des sexes. Par ailleurs, le microhabitat des Viridovipera stejnegeri reste le même qu’elles soient gravides ou non (Wang, S., Lin, H. C., & Tu, M. C. (2003)).

Des observations de trois reproduction de Trimeresurus macrops, une au sol et deux à moins d’1m50 du sol ont été réalisée dans le courant de l’année 2017.  La durée des reproductions a variée entre 2,2heures et 12,9heures. Ceci dit, les auteurs rapportent que l’observation a été faite après le début de l’accouplement dans deux des trois observations (STRINE, Colin, BROWN, Andrew, BARNES, Curt, et al., 2017). La durée pourrait donc être plus longue. Les mâles utilisent des comportements corporels agressifs entre eux pour se reproduire mais l’étude ne révèle pas jusqu’à quel point. Les femelles tirent les mâles dans les branches (Observation personnelle, 2015STRINE, Colin, BROWN, Andrew, BARNES, Curt, et al., 2017)

Méthodes d’identifications

Les différentes espèces qui cohabitent sont capables de s’identifier notamment grâces à des comportements distincts (Sanders, K. L., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2006)).

Organes reproducteurs des mâles

Pour les scientifiques, et décrit par l’herpétologue Clifford Pope (1899-1974), les hémipénis permettent une identification et une classification des espèces (Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2004)).

Sources:

Devan-Song, E. A. (2014). Ecology and conservation of the bamboo pit viper: Natural history, demography and effects of translocation.

Tsai, T. S., & Tu, M. C. (2000). Reproductive cycle of male Chinese green tree vipers, Trimeresurus s. stejnegeri, in northern Taiwan. Journal of Herpetology, 424-430.

Tsai, T. S., & Tu, M. C. (2001). Reproductive cycle of female Chinese green tree vipers, Trimeresurus stejnegeri stejnegeri, in northern Taiwan. Herpetologica, 157-168.

Devan-Song, A., Martelli, P., & Karraker, N. E. (2017). Reproductive Biology and Natural History of the White-lipped Pit Viper (Trimeresurus albolabris Gray, 1842) in Hong Kong. Herpetological Conservation and Biology, 12, 41-55.

Sanders, K. L., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2006). Evidence for a Müllerian mimetic radiation in Asian pitvipers. Proceedings of the Royal Society of London B: Biological Sciences, 273(1590), 1135-1141.

Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2004). A phylogeny of four mitochondrial gene regions suggests a revised taxonomy for Asian pitvipers (Trimeresurus and Ovophis). Molecular Phylogenetics and Evolution, 32(1), 83-100.

Wang, S., Lin, H. C., & Tu, M. C. (2003). Skewed sex ratio of the Chinese green tree viper, Trimeresurus stejnegeri stejnegeri, at Tsaochiao, Taiwan. ZOOLOGICAL STUDIES-TAIPEI-, 42(2), 379-379.

DAVID, P., VOGEL, G., PAUWELS, O. S., & VIDAL, N. (2017). Description of a new species of the genus Trimeresurus from Thailand, related to Trimeresurus stejnegeri Schmidt, 1925 (Serpentes, Crotalidae). Tropical Natural History, 2(1), 5-19.

Das, I. (2015). A field guide to the reptiles of South-East Asia. Bloomsbury Publishing.

Sanders, K. L., Malhotra, A., & Thorpe, R. S. (2004). Ecological diversification in a group of Indomalayan pitvipers (Trimeresurus): convergence in taxonomically important traits has implications for species identification. Journal of Evolutionary Biology, 17(4), 721-731.

MURPHY, R. W. Testing an alternative capture-analysis-release approach to document the reptile fauna of Hon Ba Nature Reserve, central Vietnam.

STRINE, Colin, BROWN, Andrew, BARNES, Curt, et al. Arboreal Mating Behaviors of the Big-Eyed Green Pit Viper (Trimeresurus macrops) in Northeast Thailand (Reptilia: Viperidae). Current Herpetology, 2018, vol. 37, no 1, p. 81-87.