Appareil venimeux

Introduction

L’appareil inoculateur de venin des serpents est constitué d’une glande salivaire, nommé glande à venin, reliée par un canal à un ou plusieurs crochets, alors définis comme crochets ou dents canaliculée. Il existe différentes structures de cet appareil qui varient selon les familles de serpents. Chez les vipéridés, cette structure est dite solénoglyphe et se distingue par des crochets relativement longs qui, lorsqu’ils sont inutilisés sont rétractés le long du maxillaire supérieur. Au moment de l’utilisation dont d’éventuels étirements musculaires, visibles pendant et après ingurgitation de proie, les crochets sont déployés vers l’avant comme le montre les figures A et B ci-dessous. (Goyffon, M., & Chippaux, J. P. (1990)).

Morphologie – composition

La glande à venin, située à l’arrière des yeux, est constituée de deux parties. La première, principale, synthétise et stock le venin tandis que la seconde, placée en aval, active le venin lors de son passage (Rollard, C., Chippaux, J. P., & Goyffon, M. (2015)). Le venin peut être stocké longtemps mais reste toujours actif, même après de longues périodes de jeûnes ; par ailleurs, les glandes étant contrôlées par des muscles indépendants, la quantité injectée est ainsi dépendante du choix du serpent. Lorsque le serpent plante ses crochets, il faut distinguer deux points importants. Le premier est que le temps d’écoulement du venin à l’intérieur de la proie est plus court que le temps de pénétration des crochets. Le second point est que le venin injecté est plus important en cas situation défensive qu’en situation prédatrice (Young, B. A., & Zahn, K. (2001)). Ce dernier point amène clairement la preuve de compétence à l’analyse contextuelle des ophidiens.

Popeia fucata - Dentition solénoglyphe - Appareil innoculateur - Pahang Province Malaisie - Credit: Manuel Ebert
Popeia fucatus – Dentition solénoglyphe – Appareil innoculateur – Pahang Province (Malaisie) – Credit: Manuel Ebert

Le mode d’action, dont le double objectif d’immobiliser rapidement la proie et d’en commencer la digestion est régie par ladite composition qui peut varier selon le sexe, l’âge, la saison et les paramètres environnementaux, mais également par le régime alimentaire du serpent. (Zelanis, A., Andrade-Silva, D., Rocha, M. M., Furtado, M. F., Serrano, S. M., Junqueira-de-Azevedo, I. L., & Ho, P. L. (2012)). Par ailleurs il a été démontré qu’il peut y avoir des différences aux sein des deux glandes à venin d’un même spécimen (Rollard, C., Chippaux, J. P., & Goyffon, M. (2015)).

Afin d’atteindre ces objectifs, les venins sont composés essentiellement d’enzymes et et de toxines.

Le terme toxine est générique et définit des molécules de poids moléculaires variables ayant une action sur le nom dont le suffixe est accolé. Ex: Nephrotoxine est une toxine, dont la nature n’est pas connue, qui agît sur les reins.

Les « -toxines » peuvent être des enzymes, protéines de grande taille, qui découpent une autre protéine (toujours la même) soit pour la transformer en une autre protéine qui aura donc un mode d’action différent, soit pour modifier son rôle dans la cellule ou l’organisme.

Les « -toxines » peuvent également être des peptides. C’est-à-dire des protéines de petite taille, et donc de faible poids moléculaire, qui se substituent ou se combinent à d’autres molécules de l’organisme pour en modifier ou empêcher le fonctionnement. Ces dernières sont les « toxines »comme on en entend parler. (Chippaux, J. P., échange privé, 2015).

S’il est communément admis que l’utilité du venin est de tuer la proie, il est également régulièrement véhiculé l’idée selon laquelle il servirait également à la prédigestion de la proie. Des études effectuées à Taïwan sur Trimeresurus gracilis et Viridovipera stejnegeri semble infirmer cette hypothèse (Chu, C. W., Tsai, T. S., Tsai, I. H., Lin, Y. S., & Tu, M. C. (2009)).

Sources:

CHIPPAUX, J. P., & Goyffon, M. (2006). Envenimations et intoxications par les animaux venimeux ou vénéneux. I. Généralités. Médecine tropicale, 66(3), 215-220.

Goyffon, M., & Chippaux, J. P. (1990). Animaux venimeux terrestres. Encyclopédie Médico-Chirurgicale.

Rollard, C., Chippaux, J. P., & Goyffon, M. (2015). La fonction venimeuse.

Young, B. A., & Zahn, K. (2001). Venom flow in rattlesnakes: mechanics and metering. Journal of experimental biology, 204(24), 4345-4351.

Zhang, X. C., Kearney, A., Gibbs, F. J., & Hack, J. B. (2016). Snakebite! Crotalinae Envenomation of a Man in Rhode Island. Rhode Island medical journal (2013), 99(1), 25.

Zelanis, A., Andrade-Silva, D., Rocha, M. M., Furtado, M. F., Serrano, S. M., Junqueira-de-Azevedo, I. L., & Ho, P. L. (2012). A transcriptomic view of the proteome variability of newborn and adult Bothrops jararaca snake venoms. PLoS Negl Trop Dis, 6(3), e1554.

Chan, T. Y. K., & Hung, L. K. (2010). Digital gangrene following a green pit viper bite. Southeast Asian J Trop Med Public Health, 41(1), 192-94.

Chen, C. M., Wu, K. G., Chen, C. J., & Wang, C. M. (2011). Bacterial infection in association with snakebite: A 10-year experience in a northern Taiwan medical center. Journal of Microbiology, Immunology and Infection, 44(6), 456-460.

Liu, P. Y., Shi, Z. Y., Lin, C. F., Huang, J. A., Liu, J. W., Chan, K. W., & Tung, K. C. (2012). Shewanella infection of snake bites: a twelve-year retrospective study. Clinics, 67(5), 431-435.

Chen, Y. C., Chen, M. H., Yang, C. C., Chen, Y. W., Wang, L. M., & Huang, C. I. (2007). Trimeresurus stejnegeri envenoming during pregnancy. The American journal of tropical medicine and hygiene, 77(5), 847-849.

WANG, W., LI, Q. B., & CHEN, Q. F. (2013). Analysis of Different Clinical Characteristics of Two Kinds of Trimeresurus Stejnegeri Snakebites in Guangxi Province. Chinese General Practice, 19, 040.

Chu, C. W., Tsai, T. S., Tsai, I. H., Lin, Y. S., & Tu, M. C. (2009). Prey envenomation does not improve digestive performance in Taiwanese pit vipers (Trimeresurus gracilis and T. stejnegeri stejnegeri). Comparative Biochemistry and Physiology Part A: Molecular & Integrative Physiology, 152(4), 579-585.

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