Envenimation vipérine

Introduction

Avec plus de 80% des cas d’envenimations par ophidiens, les vipéridés représentent à travers le monde un réel problème de santé publique, notamment dans les pays en développement où les soins médicaux sont souvent inexistant, absent (hors de portée) ou auto-réalisés.

Composition & symptômes

Leurs morsures entraînent des troubles inflammatoires, hémorragiques et des nécroses locales qui peuvent s’étendre à l’extrémité du membre mordu. Dans quelques cas, on observe des symptômes neurotoxiques également. Leurs venins sont composés d’enzymes qui transforment des substrats (terme générique désignant l’objet cible d’une enzyme) en nouveau composant.
En dehors de la rapidité symptomatique, la toxicité n’est que peu influencée par la quantité injectée, cependant, l’action toxique peut être visible durant plusieurs jours avec des répercussions tardives pouvant avoir un effet non négligeable sur la vitalité ou l’aspect fonctionnel du membre mordu (CHIPPAUX, J. P., & Goyffon, M. (2006)).

Les venins ont des éléments favorisants leurs diffusions dans l’organisme, c’est notamment le cas des Phospholipases. Cependant, avec les Phospholipases A2, le mode d’action diffère selon leurs concentrations: faiblement concentrés, l’effet facilitateur est renforcé. À forte concentration, ils inhiberont les fonctions membranaires et l’influx nerveux (effet neurotoxique présynaptique), voir provoqueront des cytolyses (destruction des plaquettes sanguines) (Goyffon, M., & Chippaux, J. P. (1990)).

Les composants du venin ne sont pas tous toxiques et il est possible, lors de morsures, d’avoir des molécules exogènes aux venins, typiquement par introduction de la salive, par exemple de la sérotonine, lors de la pénétration des crochets et favorisant parfois des infections bénines (Chippaux, J. P. (2016), échange personnel).

Le venin des vipéridés à la particularité d’agir sur la coagulation sanguine. Les hémorragines sont à l’origine des lésions vasculaires locales associées à une inhibition de l’hémostase. C’est ce qui provoque des saignements sur le lieu de la morsure.

Sources:

CHIPPAUX, J. P., & Goyffon, M. (2006). Envenimations et intoxications par les animaux venimeux ou vénéneux. I. Généralités. Médecine tropicale, 66(3), 215-220.

Goyffon, M., & Chippaux, J. P. (1990). Animaux venimeux terrestres. Encyclopédie Médico-Chirurgicale.

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